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Indru peuple
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29 juin 2016

UN-MAS Ituri, 22 000 armes détenues illégalement ont été détruites BOMBE ! À un kilomètre de distance, l’explosion retentit.

Un immense panache de fumée noire jaillit du sol. Les spectateurs sont ébahis. En quelque secondes, sur le site Rwampara (Bunia-Province de l’Ituri), 142 armes à feu viennent de partir en fumée ainsi que 21.589 munitions de petit calibre et 444 munitions de gros calibre telles que des grenades, des roquettes et des bombes.
Cette opération marque la clôture officielle du Projet-pilote de sécurité communautaire intitulée «Destruction des armes légères et de petit calibre et des munitions collectées lors du Désarmement civil volontaire tenu en Ituri». Depuis 2008, ce projet est financé principalement par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) pour la prévention des crises et le relèvement communautaire. Les autorités civiles, policières et militaires de Bunia, la MONUSCO, l’Allemagne, l’Australie et le Réseau des ONG pour la réforme du secteur de la sécurité sont également partenaires de ce projet. Arès avoir pris part lui-même symboliquement à la destruction d’une arme, Abdallah Penembaka, Commissaire spécial de la province de l’Ituri a déclaré : «Il est temps de tourner son regard vers la reconstruction de la province et du pays. (…) Fini le temps des guerres. Que ceux qui portent encore des armes illégalement et qui se cachent dans les forêts ou les carrières, sachent qu’ils doivent les rendre et écouter la voix de la paix » Armes contre développement
Flash-back : en mars 2014, à Bunia, le Ministre de l’Intérieur et Sécurité avait officiellement lancé la collecte des ALPC en Ituri, avec l’objectif de récolter, auprès des populations civiles, 2.500 ALPC. Menée selon le principe « arme contre développement » de mars à août 2014 sur quatre sites, à savoir Bunia, Fataki, Libi et Mahagi, cette opération a obtenu des résultats dix fois supérieurs à ce qui était initialement planifié. En effet, en 4 mois seulement :
• 70 % des populations civiles des 4 sites ainsi que leurs environs immédiats (dont 45% de femmes) ont été sensibilisés au désarmement civil volontaire ;
• 23.594 ALPC illicites (dont 774 armes à feu, soit 568 kg et 22.820 munitions, soit 10 tonnes) ont été spontanément remises par près de 650 détenteurs dont 6 femmes;
• 8.484 kits sur 9.315, soit 91%, ont été remis en contrepartie (motos, moulins à moudre, pagnes, savons, cellulaires, tôles, etc.) pour permettre de lancer une activité génératrice de revenus;
• 550 armes à feu ont été marquées de façon à faciliter leur traçabilité quand elles seront à nouveau réutilisées.
Opération-pilote en Ituri à étendre…
Depuis des années, en Ituri, aux Nord et Sud Kivu, Maniema et Tanganyka, près de 300 000 armes légères et de petit calibre sont aux mains des populations civiles. La province de l'Ituri est le théâtre de conflits armés depuis plus de 10 ans, dont certains à caractère ethnique, ont entraîné l'utilisation de milliers d'armes par des groupes armés et par des civils. Le recours à ces armes a provoqué de graves violations des droits de l’Homme telles que des meurtres, assassinats, violences sexuelles, instrumentalisation d’enfants, pillages, exploitation illicite de ressources naturelles, détérioration d'écosystèmes et atteinte au développement des populations.
La province a plongé dans une insécurité chronique. Il était donc urgent d’unir les efforts pour parvenir à la consolidation de la paix et au renforcement de l’autorité de l’État en Ituri. Pour le PNUD, le bilan impressionnant de ce programme de remise volontaire d’armes et l’opération de destruction sont liés à la bonne coordination avec les acteurs étatiques, au haut degré d’implication des acteurs de la société civile, à l’adhésion des populations civiles aux opérations du désarmement civil et volontaire, ainsi qu’à l’intérêt porté aux kits de compensation dont la qualité a encouragé les remettants. Mais il faut poursuivre cet engagement et agir de même dans d’autres provinces meurtries. En outre, cette expérience a doté les acteurs étatiques et non-étatiques de l’Ituri de compétences supplémentaires pour mieux accomplir leur mission de sécurisation des populations civiles. Les leçons tirées renforceront la pérennisation des actions initiées par les partenaires à travers ce projet, en vue d’aider la CNC-ALPC, composée d’hommes et de femmes. «Pour réussir cette opération, les mesures de sécurité maximales ont été prises : creuser un trou de 1 m de profondeur ; entasser les armes et les munitions, évacuer les populations dans un rayon de 1 km ; les prévenir de se protéger contre tout éclat ou projectile ; éteindre téléphone et radio portables ; prévoir des ambulances en cas d’accident et installer des sentinelles pour interdire l’accès du site à toute personne non autorisée », explique Alfred Ayiko Lebhua, Assistant aux opérations et assurance qualité à UNMAS-Service de l’action anti-mines des Nations Unies/MONUSCO. Résultat: opération réussie à 100% 
Sous la supervision de la Commission nationale de contrôle des armes légères et de petit calibre et de réduction de la viol.

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